La Russie fait breveter une station spatiale rotative pour la gravité artificielle

8

La société nationale russe de fusées Energia a breveté une conception de station spatiale qui utilise la rotation pour simuler la gravité, révolutionnant potentiellement les voyages spatiaux de longue durée. Le système vise à fournir 0,5 g – la moitié de l’attraction gravitationnelle de la Terre – en faisant tourner des modules habitables autour d’un axe central.

Comment ça marche

Le brevet détaille une station avec des sections statiques et rotatives reliées par des jonctions flexibles et étanches à l’air. La clé est la force centrifuge : en faisant tourner les modules à environ cinq tours par minute dans un rayon de 40 mètres (131 pieds), la station générerait la gravité artificielle souhaitée.

Cette approche aborde directement les graves risques pour la santé liés à une exposition prolongée à la microgravité, notamment l’affaiblissement musculaire et la perte osseuse auxquels les astronautes sont confrontés lors de longues missions. La conception reconnaît également un inconvénient majeur : coordonner la rotation avec l’amarrage du vaisseau spatial pour garantir des arrivées en toute sécurité.

Pourquoi c’est important maintenant

L’émergence du brevet est significative à l’heure où la Station spatiale internationale (ISS) approche de la fin de sa durée de vie. Cela témoigne d’un regain d’intérêt pour les concepts avancés de stations spatiales de la part de la Russie, coïncidant avec les efforts nationaux et commerciaux visant à développer la prochaine génération de plates-formes orbitales.

La NASA a déjà exploré des conceptions similaires (comme la station à roue rotative Nautilus-X), et désormais des sociétés commerciales telles que Vast recherchent également des stations gravitationnelles artificielles. Cependant, la Russie n’a pas annoncé de calendrier concret ni de financement pour ce projet, ce qui rend son développement incertain.

La recherche de la gravité artificielle est bien plus qu’un simple défi technologique. Il s’agit d’une étape cruciale vers une présence humaine durable dans l’espace lointain, où les missions de longue durée nécessiteront des solutions pour atténuer les effets débilitants de l’apesanteur. Le brevet souligne que la Russie reste un acteur actif dans cette course à l’avenir de l’exploration spatiale.