La vie en haute altitude est liée à un risque moindre de diabète : une nouvelle étude révèle comment

3

Vivre à haute altitude peut réduire considérablement le risque de développer un diabète, et de nouvelles recherches suggèrent la raison surprenante pour laquelle : les globules rouges s’adaptent aux environnements pauvres en oxygène en agissant comme des « éponges » de glucose, abaissant efficacement le taux de sucre dans le sang. Pendant des années, les scientifiques ont observé cette corrélation mais ont eu du mal à identifier les mécanismes sous-jacents. Aujourd’hui, des expériences sur des souris ont révélé un changement métabolique qui pourrait conduire à de nouveaux traitements contre le diabète.

La percée des globules rouges

Des chercheurs des instituts Gladstone et de l’Université du Colorado ont découvert que lorsqu’ils sont exposés à un faible taux d’oxygène chronique (hypoxie), les globules rouges augmentent considérablement l’absorption du glucose, jusqu’à tripler. Il ne s’agit pas seulement d’une adaptation pour l’administration d’oxygène ; c’est un changement fondamental dans la façon dont ces cellules traitent le sucre.

“Les globules rouges représentent un compartiment caché du métabolisme du glucose qui n’a pas été apprécié jusqu’à présent”, explique la biochimiste Isha Jain.

L’effet est substantiel. Le sucre disparaît de la circulation sanguine presque immédiatement, même des semaines après que les souris aient retrouvé des niveaux d’oxygène normaux. Ceci suggère une reprogrammation métabolique de longue durée, plutôt qu’une réponse temporaire. La clé réside dans une molécule agissant sur l’hémoglobine, desserrant son emprise sur l’oxygène et améliorant la circulation tout en absorbant simultanément le glucose.

Pourquoi c’est important : évolution et potentiel de traitement

Cette constatation est significative pour plusieurs raisons. Premièrement, cela explique pourquoi les populations vivant à haute altitude, comme les Sherpas, peuvent présenter des profils métaboliques différents – probablement en raison d’adaptations génétiques qui affectent cette absorption du glucose. Deuxièmement, cela remet en question la vision conventionnelle selon laquelle les globules rouges sont de simples transporteurs d’oxygène ; ils participent activement au métabolisme du glucose, en particulier lorsque l’oxygène est rare.

Cette découverte s’aligne sur des études antérieures montrant comment les animaux s’adaptent à des environnements pauvres en oxygène. Cela suggère un avantage évolutif : dans les régions où l’oxygène est limité, une gestion efficace du glucose devient cruciale pour la survie.

Des modèles de souris aux thérapies humaines

Bien que l’étude ait été menée sur des souris, les implications pour la santé humaine sont prometteuses. Les chercheurs ont déjà développé un médicament qui imite les effets de la vie à haute altitude, inversant avec succès les niveaux élevés de sucre dans le sang chez des modèles de souris diabétiques.

Bien que les essais sur l’homme soient encore loin, le potentiel d’adaptation de ce mécanisme naturel dans un traitement du diabète est réel. L’étude ouvre également de nouvelles voies pour explorer les adaptations induites par l’hypoxie dans d’autres conditions, offrant ainsi une nouvelle perspective sur la régulation métabolique.

Les résultats soulignent la capacité remarquable du corps à s’adapter aux pressions environnementales et comment la compréhension de ces mécanismes pourrait débloquer de nouvelles stratégies thérapeutiques.